En première page d’un certain nombre de quotidiens nationaux ces derniers jours, le Fonds Monétaire Internationale (FMI) recommence à faire parler de lui. Est-ce parce que le Coq français est fier de pouvoir crier à qui veut l’entendre que le directeur général de l’institution porte une cocarde aussi grosse que ses casseroles, ou alors est-ce parce qu’une politique généreuse est entrain de révolutionner la tradition de la maison ? La question reste ouverte, mais une chose est sûre : il faut s’interroger sur les tenants et les aboutissants de cet accès facilité au prêt pour les Etats les plus pauvres.
Le FMI a longtemps
été rangé au chapitre des institutions mondiales qui servent de relais à (feu ?) la politique néolibérale
américaine. Il appartenait à ces instruments de globalisés permettant d’exporter les principes démocratiques et l’économie de marché portée à son paroxysme dans
les valises des prêteurs de Fonds. La situation de détresse économique d’un pays (proche de la banqueroute, déstabilisation monétaire, reflux financiers des investissements directs à
l’étranger…) a régulièrement été exploitée par le FMI pour imposer le fameux « Consensus de Washington ».
Cette collusion d’intérêts convergents entre la Maison Blanche, la Banque Mondiale et le FMI a été dénoncée par Joseph Stieglitz, prix Nobel d’économie et ancien économiste en chef de la banque mondiale, au cours de plusieurs de ses derniers essais.
Et pour cause, cette institution fonctionne comme une banque toute à fait ordinaire : elle collecte des fonds qui vont répartir de façon proportionnelle, les rôles au Conseil d’administration. Conseil où les américains ont toujours eu un vote majoritaire, donc une forme de droit de veto, car ils sont les principaux contributeurs en devise internationale. Cela dit, l’époque où les dirigeants du Trésor Fédéral n’hésitait pas à faire tourner la planche à billets pour cracher du dollar et a fortiori garder la main mise sur le fonds semble un peu moins féroce à l’heure actuelle. Mais la question de l’attitude diplomatique et politique qui accompagne l’octroi de prêt à des pays en proie à la pauvreté reste ouverte : l’argent, autrement connu sous le nom de nerf de la guerre, s’est-il définitivement transformé en massue géopolitique martelant l’économie libérale à ceux qui n’en ont pas besoin ?
Cela va être difficile en France où les socialistes mirent DSK comme un messie pouvant guérir les plaies putrides du parti socialiste, mais il faudra surveiller avec attention les conditions diplomatiques dans lesquelles sont contractés ces prêts. Servent-ils réellement à lisser le reflux économique causé par la crise avec la chute grave du cours des matières premières, principales sources de revenu de ces pays, et par le coup d’arrêt porté aux investissements industriels sur leurs territoires ? Ou servent-ils toujours, derrière des conditions financières plus alléchantes (moins d’intérêt, déblocage plus rapide des fonds) de piqûre de rappel aux fondamentaux d’Adam Smith ? En temps de crise financière, ça serait gonflé. Mais… à suivre, certains n’ont jamais eu froid aux yeux, même à l’heure du blizzard boursier.