Mardi 21 juillet 2009
2
21
/07
/2009
20:19
Si je vous dis « engrais formé par le
mélange fermenté de débris organiques avec des matières minérales », que me répondez-vous ?
« Compost » bien entendu !
Non, il ne s’agit pas d’un remake journalistique de « Questions pour un champion » dont je laisse l’entière responsabilité à Julien Lepers, ni d’un inimitable billet sur les traditions agricoles
dont seul Jean Pierre Pernaud a le secret. Il s’agit bien au contraire d’un exemple tout à fait concret de ce qu’une PME innovante peut faire grâce à un
partenariat fructueux avec le milieu de la recherche et un coup de pouce des contribuables ISF. Quoi de plus sérieux ?
La société lorraine « Microhumus laboratoire » est une PME comme les autres, avec sa stratégie intuitive définie par un patron proche de ses salariés … à ce titre, c’est aussi une entreprise qui
s’intègre fortement dans le tissu local pour innover rapidement. En bref, l’archétype de la PME française, à ceci près qu’elle, elle produit des analyses de compost pour développer des processus
de compostage plus performant. Produit/service ringard, s’il en est ? A l’heure du développement durable, le retour aux techniques de production agricole
naturelles et respectueuses de l’environnement n’a rien à envier à la deuxième révolution industrielle.
Et Microhumus porte bien son nom : cette entreprise de petite taille illustre l’importance de l’innovation de niche en particulier en matière de ré-industrialisation écologique. La logique du «
small is beautiful » n’a aujourd’hui, plus que jamais, plus rien d’honteux car ce sont bel et bien les PME qui sont le principal creuset d’une innovation intelligente. Et pour cause, la grosse
industrie peut difficilement justifier auprès d’un conseil d’administration des dépenses de recherche et développement pour des marchés de niche. Si la croissance y est forte, la rentabilité
n’est pas toujours au rendez-vous dès le début et nécessite une spécialisation voire une expertise qui ne correspond pas toujours au cœur de métier de l’industriel. D’où l’importance de soutenir
ces entrepreneurs innovateurs dont la prise de risque est toujours le point de départ d’une nouvelle ère de croissance.
D’ailleurs, Microhumus n’innove pas que sur ses produits… D’accord, le compost, c’est tendance quand on regarde de près toutes les études que cette PME a menées sur les microorganismes des sols
pollués et sur le recyclage. Mais plus tendance encore, l’innovation financière. A l’heure de la crise, ce mot fait toujours frémir, mais il s’agit simplement de l’application de la loi «
Travail, emploi, pouvoir d’achat ». En l’occurrence, elle a permis à deux lorrains imposés à l’ISF de réorienter leurs impôts vers Microhumus grâce à un système
de déduction fiscale à hauteur de 75% du versement sous un plafond de 50.000€. Si Microhumus a choisi cette voie de financement pour lancer une croissance de 300% sur deux ans,
développer une activité d’exportation et tisser des liens avec les grands groupes comme Véolia, elle aurait très bien pu passer par un « fond d’investissement de proximité » (FIP). Ces FIP sont
des intermédiaires financiers ou investisseurs institutionnels (dits « zinzins ») qui collectent l’ISF des contribuables pour le réinvestir directement sous forme d’apport en numéraire dans une
levée de fonds. Les zinzins, souvent décriés, ne regroupent donc pas que les hedge funds ou les fonds souverains, ces prédateurs financiers que la crise a mis sur le devant de la scène
médiatique.
Comme quoi… même dans la finance, il y a une chaîne alimentaire où chacun tient son rôle : les prédateurs pour faire frémir les spectateurs d’un journal télévisé
ou les pollinisateurs, ces animaux discrets dont le travail est vital pour la vie d’un éco-système.
Thomas Friang
Par Jeunes Démocrates de Moselle
-
Publié dans : Jeunes Démocrates de Moselle
-
0
-
Recommander