Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ?
Avec Eric Woerth, l’adage n’est manifestement pas aussi vrai qu’on peut le penser. Silencieux pendant quelques
mois sur l’évolution des finances publiques à travers la crise, le ministre du budget réapparait dans les médias avec des airs de triste sire. Et pour cause : un
déficit public évalué à 7,5% du PIB pour 2009 ! Autrement dit, le double de l’année précédente.
On lui accordera que la crise a impliqué l’Etat dans une politique keynésienne pour éviter une catastrophe en matière de croissance économique : le plan de relance mis au point et la perte
de recettes liée à une m
auvaise conjoncture expliquent principalement ce doublement du déficit public. Mais cela signifie
qu’à ce rythme, l’Etat fera courir sur chaque français et française une dette deux fois plus importantes qu’aujourd’hui d’ici 9 ans.
Que faire donc ? Augmenter les impôts ? Hors de question d’accabler encore les entreprises et les salariés français du fardeau des finances publiques. La seule chose que l’Etat peut faire :
investir sur le long terme pour sortir par le haut de cette crise économique en favorisant
une relance entrepreneuriale et pas étatique. L’aide aux PME est, à cet égard, un point crucial qui déterminera si la relance française aura su surmonter les
difficultés de la crise. Facilités de trésorerie, aide à l’emprunt, soutien aux exportations, développement des réseaux universitaires pour inciter l’innovation… autant de mesures qui
s’inscrivent au cœur de la relance.
La présence de l’Etat est donc nécessaire mais ne sera pas suffisante et se place sous plusieurs conditions d’agilité, de pertinence et de
rigueur. Ce sont les seuls justificatifs que pourraient invoquer Eric Woerth pour justifier un tel sacrifice financier pour les générations futures.
TF